Chronique 3

Chronique 3

Voici un extrait des chroniques de Pierre Lenfant (1932-2016)

CHRONIQUE de Pierre LENFANT – LE TOUR DE WASMES.

Les diverses religions ont souvent trouvé leur motivation dans la marche et les pèlerinages.

Ces derniers sont devenus des coutumes chez les Musulmans, les Hindous et surtout chez les Chrétiens.

Il est vrai que c’est dans la Bible que nous trouvons les meilleures inspirations…

On se souviendra d’Abraham, qui, inspiré par Dieu, partit, sans se retourner… et sans savoir où il allait. N’oublions pas Moïse, qui entreprit une marche héroïque pour donner, au peuple juif, une « Terre Promise », où lui n’est jamais arrivé.

Et Jésus, qui demanda à ses disciples de parcourir le monde pour porter la « Bonne Parole »… Notre Tour de Wasmes, lui aussi, est d’inspiration biblique, et nous confirme dans notre rôle de pèlerin…

On n’en connait pas l’origine, mais certains historiens n’hésitent pas à évoquer le 11ème siècle.

Le plus ancien document connu est un acte notarié où figure la signature du Maïeur de Quaregnon et qui faisait allusion à un terrain bordé par le Chemin du THOUR… Ce document était daté du 05 juin 1599.

Pour la majorité des Wasmois, le Tour de Wasmes est directement lié au combat de Gille de Chin contre le terrible Dragon, et les gens de Wasmes considèrent que cette action de grâce est largement justifiée.

La Statue de la Vierge jouit d’une grande vénération.

Jadis, elle était précédée d’un étendard, sur lequel on pouvait admirer une représentation du combat. Ce drapeau a disparu, sans doute usé et décoloré. Il portait un texte en vieux français à la gloire du Preux Chevalier.

Ce qui est particulier à cette marche, c’est qu’elle englobe plusieurs communes et que les paroisses de ces communes sont solidaires du Tour.

Bien sûr, quand on parle du Tour de Wasmes, on évoque surtout le mardi de la Pentecôte, mais on ne doit pas oublier ceux qui font le Tour en solitaire, le chapelet à la main, à toutes les heures du jour et à toutes les périodes de l’année.

A l’époque des mines, il y en avait beaucoup…

On associait Sainte-Barbe et Notre- Dame de Wasmes pour veiller sur les mineurs. Mais que penser du Tour de Wasmes pendant la guerre ?…

Au fur et à mesure que se déroulait le conflit, la ferveur populaire ne cessait de croître. Tous imploraient Notre-Dame de Wasmes.

C’est que, en ces temps obscurs, tout le monde avait quelque chose à demander… Les femmes attendaient le retour de leur mari, prisonnier…

Certaines mamans attendaient leurs fils…

D’autres attendaient des « nouvelles »… D’autres, plus « terre à terre », attendaient plus prosaïquement « à manger »…

Bref, même ceux qui « mangeaient du curé » à chaque repas, tout le monde faisait son Tour. Et on voyait des choses surprenantes…

Des gens faisaient le Tour à pieds nus, d’autres en sabots… On en a même vu qui faisaient le Tour à reculons…

C’était un défilé de voitures d’enfants… Certains faisaient le Tour avec une brouette…

La ferveur populaire tournait au fanatisme religieux… jusqu’à la fin de la guerre, où tout redevint normal.

Le clergé, qui avait été débordé pendant la tourmente, avait mis un peu d’ordre.

Les gens n’avaient plus rien à demander, et, s’ils faisaient encore le Tour de Wasmes, ils le faisaient en dilettante…

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